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Jeanne Desbiens Actualités

Coaching et formation

Qu'appelle-t-on "burnout" ou "syndrome d'épuisement professionnel" ?

Rédigé par Jeanne 10 commentaires

allumettesVoici une question régulière depuis ce début d’année 2015. Je vous propose donc de faire le point sur cette notion et de différencier burnout et dépression nerveuse. Je ne donnerai pas d’éléments médicaux (hors champ de compétence). Par contre, je vous exposerai une synthèse des dernières parutions à ce sujet. Mais avant cela, d’où vient ce mot ?

Burnout = combustion totale

C’est dans les années 1970 (Herbert J.FREUDENBERGER) que l’on commence à voir apparaître cette expression dans le monde du travail. Elle désigne une brûlure interne comme une combustion totale des ressources physiques et psychiques d’un individu.

Le burnout n’est pas un terme médical officiel ou un diagnostic dans le domaine de la santé. Ce terme est même employé par certains pour exprimer leur incapacité à gérer la pression liée au travail.

Qui et quelles manifestations ?

Le syndrome d'épuisement professionnel se décrit par des manifestations :

  • physiques : fatigue généralisée, maux de dos, de tête,  tensions musculaires,  troubles du sommeil, variation du poids (prise ou perte excessive sur une période courte) ;
  • émotionnelles et affectives : sentiment de vide, d'impuissance, perte de confiance en soi, irritabilité ;
  • attitudinales et comportementales : repli, isolement, agressivité, attitude négative envers le travail, démotivation.

 

idees_noiresTous les travailleurs présentent un point commun : un fort engagement dans le travail dans des postes avec un stress chronique. Attention cependant au raccourci erroné qui énoncerait que toutes les personnes engagées vont toutes faire un burnout ! Concernant les déterminants individuels, à ce jour, aucun lien n’a été établi entre le burnout et le genre, l’âge ou le niveau d’études.

Comme pour le stress, les dimensions de personnalité, en particulier l’instabilité émotionnelle, jouent un rôle dans la survenue du burnout. Ceci n’annule en rien les contraintes de l’environnement.

 

Les dimensions concernées

Les 3 dimensions concernées par le burnout sont :

  • un sentiment d’épuisement émotionnel : impression d’être vidé physiquement, émotionnellement, face aux exigences émotionnelles du travail ;
  • le désinvestissement de la relation à l’autre ou le cynisme vis-à-vis de son travail, se traduisant par le retrait et l’indifférence ;
  • la diminution du sentiment d’accomplissement au travail : impression de ne pas être à la hauteur des exigences du poste, impression générale de gâchis, voire d’échec professionnel.

 La contrainte la plus fréquemment associée au burnout est l’importance de la charge de travail (publication INSERM de 2011). Ensuite, viennent :

  • le faible soutien social de la hiérarchie et des collègues ;
  • une reconnaissance insuffisante du travail accompli ;
  • le manque d’équité dans les relations professionnelles ;
  • les conflits de valeur.

Le burnout est-il la nouvelle appellation de la dépression nerveuse : non !

seul_2 Même si le burnout peut ressembler de façon étonnante à une dépression, il existe des différences. L’état d’esprit dépressif verra toutes les sphères de sa vie touchées. La personne aura tendance à se sentir coupable avec une perte d’intérêt ou de plaisir. D’autres indicateurs peuvent accompagner la dépression tels que : le changement dans l’appétit, des difficultés de sommeil, de la fatigue excessive, de l’agitation, des sentiments d’inutilité, des difficultés de concentration et des pensées suicidaires ou références récurrentes à la mort.

Nous pourrions tous nous considérer dépressifs avec une telle description. Il faut ajouter les notions fondamentales d’intensité et de durée. On considère qu’il s’agit d’une dépression quand les symptômes persistent plus de deux semaines et qu’ils sont suffisamment intenses pour causer d’importantes souffrances personnelles ou une incapacité à fonctionner normalement.

La victime du burnout, tant qu’à elle, ressentira de la colère avec des traits de caractère qui, bien évidemment, peuvent varier d’une personne à l’autre :

  • le perfectionnisme : enfermée dans sa croyance de devoir « être parfaite », elle n’arrive pas à se satisfaire de ses résultats et devient tyrannique envers elle-même et envers les autres. Le corps est alors en grand état de tension et son esprit rarement en état de « lâcher-prise »
  • le manque de confiance en soi : avec la croyance de « moins valoir que les autres », elle peut avoir le réflexe de travailler d’arrache pied afin de compenser ce qu’elle pense être son déficit
  • le manque d’affirmation de soi : l’incapacité à mettre des limites engendre une surcharge de travail et peut mener tout droit vers l’épuisement professionnel

Il existe un « bio-marqueur » : le cortisol. Les personnes souffrant de burnout ne produisent pas assez de cortisol alors que celles atteintes de dépression nerveuse en produisent trop. Bon d’accord, ça ne se voit pas à l’œil nu. Il semble que des recherches soient faites sur un système permettant de le mesurer via son Smartphone. Pour le moment, je n’ai rien vu de tel sur le marché national. Quoi qu’il en soit, plutôt que de mesurer son niveau de stress, autant le prévenir !

Comment se prendre en charge ?

boussole

J’aime vous donner des outils à mettre en œuvre tout seul. S’agissant du syndrome d’épuisement professionnel, je suis plus réservée. Il est important, voire essentiel, de vous faire accompagner. J’en profite pour faire ma page pub : vous avez un coffret à votre disposition ricoach’no-stress.

En dehors de ça, vous avez à détecter votre montée en stress pour le gérer.

  1. Je m’arrête sur les signaux donnés par mon corps : accélération du rythme cardiaque, transpiration, tremblements, sentiment d’oppression, palpitations, boule dans la gorge, jambes molles, langue desséchée, …
  2. Respirez lentement et profondément au moins 3 fois en gardant les épaules basses.
  3. Demandez-vous : quelle est l’information que me donne mon corps sur la situation ? ; s’agit-il d’une menace ou d’une opportunité ? : s’il s’agit d’une menace, continuez votre questionnement. Ma vie est-elle en danger réel (s’il s’agit d’un danger réel, vous devez vous mettre en sécurité. Cela peut passer par faire autrement, s’appuyer sur quelqu’un ou tout simplement ne pas faire). S’il s’agit d’une opportunité, alors mettez-vous à l’action :
    • De quoi ai-je besoin pour passer le cap ?
    • Sur qui puis-je m’appuyer ?
    • Ai-je déjà fait quelque chose de similaire (il est probable que oui), comment y suis-je arrivé ? Si j’ai échoué, je revisite l’événement : que m’a-t-il manqué à l’époque pour y arriver ?
    • Mettez-vous en action.
    • Quel cadeau vais-je me faire à moi-même une fois que j’y serai arrivé (célébrez vos réussites !!)

D’autres choses encore :

  • Parlez à vos collègues de ce que vous vivez, ressentez ; osez demander des conseils
  • Apprenez à dire « non »
  • Renégociez des objectifs plus acceptables et plus réalistes
  • Faites l’examen de vos habitudes de vie (certaines sont génératrices de stress)
  • Libérez-vous des nouvelles technologies et du « connecté  24/24»
  • Réservez-vous du temps pour vous.

respirerSouvenez-vous : plus vous serez acteur, moins vous ressentirez les effets du stress. J’appelle ça « habiter pleinement » sa zone d’autonomie. Etre en conscience des informations transmises par le corps nous évite bien souvent d’aller dans le mûr. Cessons de chercher des raisons à notre fatigue. Il est totalement anormal de se lever fatigué dès le matin au sortir du lit et ce, pendant plusieurs jours d’affilée !

En écrivant cet article, j’ai une pensée affectueuse pour certains clients qui se reconnaîtront.

 

nuage« Ami, ne sois pas perfectionniste, car le perfectionnisme est une malédiction qui t’épuisera » (Fritz PERLS)

 

10 commentaires

#1  - Sylvie a dit :

Merci, merci !
Oui je me reconnais. C'est tellement simple expliqué comme vous le faites. Oui vous avez raison, je ne voulais pas voir, je serrais les dents, je me disais que je ne pouvais pas faire autrement. Et voilà, la rupture : mon corps n'a plus voulu répondre.
Je me souviens de ces longs mois de convalescence où les gens ne vous reconnaissent pas : ils attendent de vous que vous soyez toujours la même. Et moi qui avais déjà tellement l'impression d'avoir une partie de moi-même.
Merci pour votre patience, pour votre soutien pour remonter toutes les marches. Merci d'avoir trouvé les mots qui rassurent. Merci de m'avoir appris à "rééduquer" ma mémoire et "réparé" ma concentration.
Aujourd'hui je vais bien. Pas de rechute mais un balisage important pour éviter de retomber dans mes travers ... mon perfectionnisme. J'adhère à votre citation. Cette malédiction m'a épuisée.

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#2  - nathalie a dit :

c'est limpide. Bravo pour ce texte

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#3  - Fabrice a dit :

Tellement vrai ! Je lis cet article 3 ans après en avoir vécu toutes les étapes et toutes les manifestations. Aujourd'hui tout est rentré dans l'ordre mais au prix d'une vigilance de chaque instant...Au final, plein d'enseignements qui m'ont aidé à reconstruire mon quotidien sur de nouvelles bases. Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort dit-on ? Je confirme !
Bravo pour cet article Jeanne...et merci ! :-)

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#4  - Claude a dit :

Article très intéressant et très clair. Moi aussi je me suis reconnu dans le perfectionniste que je suis. C'est vrai que je me réveille et je suis déjà fatigué. Cela m'inquiète. Merci Jeanne pour cet article et pour ton soutien.

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#5  - Claudine a dit :

Merci Jeanne pour cet article qui me touche très personnellement.

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#6  - Amina a dit :

Merci pour cette description. Elle est juste à tout point de vue. Mon mari a été victime d'un burnout. Ca a été difficile et long pour toute la famille. Il rentrait épuisé, ne voulait rien voir, faisait preuve de colère et parfois de méchanceté avec les enfants.
Nous avons failli brisé notre couple parce que c'est une calamité. Comment faire face lorsqu'on n'est pas directement concerné mais qu'on en subit les effets collatéraux ? Peut être cela fera-t-il l'objet d'un prochain article. Il se reconstruit doucement, tout doucement. Il considère avoir tout perdu. Moi, je retrouve celui que j'avais perdu : mon mari !

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#7  - Yvon a dit :

Merci Jeanne pour cette description et décodage de ce que peut être un burn out, on en entend souvent parler sans véritablement en connaître la définition.
Je retiendrai également la méthode de questionnement évoquée, utile pour mieux cerner notre environnement. Bravo Jeanne

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#8  - Laetitia a dit :

Oh que ça me parle!
Je l'ai lu, relu... Je ne m'en lasse pas.
C'est tellement évident après coup.
Merci pour cet article très bien synthétisé. BRAVO Jeanne

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#9  - Frederique a dit :

Merci Jeanne, je vais l'imprimer et le mettre sur mon bureau et ma table de chevet...
je crois je vais devoir m'occuper de moi encore un peu mieux !!!

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#10  - Marie J a dit :

Jeanne, c'est clair... j'ai lu une première fois l'article lors de sa diffusion et relu après deux semaines de congés. Le chemin parcouru ensemble l'année passée me permet de mieux appréhender les moments de stress. Lorsque les clignotants oranges sont actifs, il est temps de me mettre sur pause et d'utiliser les outils de respiration, de questionnement. Certains moments de la vie professionnelle semblent insurmontables tant le niveau de sollicitation est élevé. En prendre conscience est un grand pas ! et attention au perfectionnisme ! Merci Jeanne...

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